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La propagande de la violence sur grand écran

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par David Andersson

Nous vivons dans ce qui ressemble à une émission de télé-réalité en pleine action, passant d’un conflit à un autre. La couverture médiatique est assurée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec des crises allant de l’Irak à l’Ukraine et maintenant en Israël et en Palestine. Certains médias travaillent déjà sur le prochain conflit avec la Chine, Taïwan et les Philippines. Tous les médias, qu’ils soient grand public ou dits indépendants, se concentrent sur les conflits sans fin auxquels notre planète est confrontée. Les gens dans la rue demandent un cessez-le-feu illusoire, ne réalisant pas qu’il ne s’agit pas seulement de guerre et de paix, mais plutôt de violence et de non-violence.

Le système utilise la violence dans toute sa splendeur, qu’elle soit physique, économique, religieuse ou psychologique. Chaque groupe politique joue le jeu de la violence avec des justifications sans fin, s’appuyant tantôt sur des explications historiques, tantôt sur des arguments religieux.

La violence est désormais un état d’esprit accepté. Nous en sommes arrivés à un point où nous ne reconnaissons même plus la violence dans notre vie quotidienne. Pour la plupart d’entre nous aux États-Unis, il est «normal» de risquer de perdre son emploi et de se retrouver sans abri du jour au lendemain. Il est normal pour des millions de personnes de ne pas avoir accès à une couverture santé. La peur s’est infiltrée dans tous les aspects de nos interactions personnelles et sociales, rendant très difficile l’établissement de véritables liens entre les gens. Les individus sont de plus en plus isolés, avec des problèmes psychologiques qui entraînent un nombre croissant de suicides, avec l’alcool et la drogue pour résoudre leurs problèmes, et pas grand chose d’autre. La tragédie est que ces peurs et ces insécurités ne sont pas reconnues comme des violences sociales, mais plutôt comme des défauts ou des échecs personnels.

Dans notre «démocratie» actuelle, les gens votent pour plus de sécurité, et acceptent que des policiers armés patrouillent sur les quais de métro sans comprendre le lien avec la militarisation croissante de notre société. Dans les écoles, nous demandons à nos jeunes enfants d’envoyer des lettres de soutien à nos troupes sans nous interroger sur comment cela façonne le cheminement mental des générations futures. Les gens sont choqués par les histoires de violence, mais sont ensuite amenés à croire que la seule réponse possible est davantage de violence (après tout, tuer des «personnes» n’est manifestement pas la même chose que tuer des «terroristes»).

Nous sommes confrontés à une dictature de la violence dirigée par des monstres, des leaders sociaux et politiques qui utilisent les médias pour imposer leurs solutions répugnantes et calculées. Ces personnes forment un trou noir, aspirant toute notre énergie, nous laissant vides et sans voix.

Ce processus est bien décrit dans cette courte citation tirée d’une causerie publique de Silo donnée il y a 50 ans, le 4 mai 1969, et toujours valable aujourd’hui. Ce discours s’intitule «La guérison de la souffrance» :

«C’est uniquement par la foi intérieure et la méditation intérieure que tu peux en finir avec la violence en toi, chez les autres et dans le monde qui t’entoure. Il n’y a pas de fausses échappatoires pour en finir avec la violence. Ce monde est sur le point d’exploser, et il n’y a pas moyen de mettre un terme à la violence. Ne cherche pas de fausses solutions ! Il n’existe pas de politique capable de résoudre cette soif insensée de violence. Il n’existe ni parti ni mouvement sur la planète qui puisse mettre un terme à la violence. Il n’existe pas de fausses solutions à la violence dans le monde…»

Nous choisissons d’investir la majeure partie de notre énergie mentale, de nos ressources économiques et de nos avancées technologiques dans ces fausses solutions qui nous mènent dans la mauvaise direction.

La plupart des guerres auraient pu être évitées, tout comme la pauvreté et l’insécurité. Il s’agit de savoir où nous mettons notre énergie et nos ressources. Le monde a connu des processus de paix solides qui ont débouché sur un développement durable et transformateur. La non-violence exige autant d’investissement, de travail et de stratégie que la violence, mais elle produit un résultat à long terme très différent.

Il faut faire bien plus que défiler dans les rues. Nous devons changer nos gouvernements et nos budgets, et nous devons abolir les armes nucléaires. Plus important encore, nous devons prendre conscience que nous sommes 8 milliards d’êtres humains manipulés par une toute petite minorité de lâches. Ces lâches recourent à la violence au lieu d’avoir le courage et la dignité de s’asseoir et de résoudre leurs différends face à face. Nous devons cesser de croire leurs mensonges, leurs justifications de la violence, et au contraire avoir la foi que l’humanité peut choisir une voie non violente pour sortir de cette folie. D’où vient cette foi ?

source : Pressenza